AFFICHE_Web-Titre-et-auteur et metteuse en scène

Infos Pratiques et Distribution

Auteur : Annibale RUCCELLO

Adaptation et mise en scène : Daniela MORINA PELAGGI

Collaboration Artistique: Camille GIACOBINO

Avec : Davide BRANCATO et Daniela MORINA PELAGGI

Scénographie :  Anouk SAVOY

Costumes :  Cinzia FOSSATI

Lumière :  Danielle MILOVIC

Vidéo :  Robert NORTIK

Graphisme: Racines Graphiques

Construction : Raci & Cie

Soutiens :  Loterie Romande, Fondation privée genevoise, Ernst Göhner Stiftung, Ville de Genève, Jürg George Bürki-Stiftung, Association Maison des Pâquis, Fase, La Traverse.

Lieux de création: La Traverse, rue du Môle 11, 1201 Genève

Dates: Du 8 au 18 mai 2025

8, 9, 10, 15, 16, 17 mai à 19h30

11 et 18 mai à 17h00

Billetterie on line:

Réservations: 076 829 58 88

Présentation

1- SYNOPSIS

Jennifer est un femminiello romantique qui vit à Naples, au début des années ’80, dans un quartier populaire de périphérie, récemment sorti de terre.

Enfermée chez elle dans l’attente de l’appel de Franco, ingénieur génois avec qui elle a passé une nuit il y a trois mois et à qui elle continue de vouer un véritable culte, elle lui dédie chaque jour la chanson de Patty Pravo Se perdessi te, à la radio.

Entre deux chansons, la radio transmet avec une régularité implacable la mise à jour du bilan des victimes du tueur en série qui exécute les travestis du quartier dans un immuable rituel macabre.

2- FEMMINIELLO?

Jennifer est un femminiello napolitain.

Cette affirmation enferme à elle seule un univers que la culture napolitaine, colorée, expressive, mélancolique, draine dans l’imaginaire collectif mais également, force est de le constater, dans la réalité.

Personnage ancestral respecté, jamais moqué, à qui on attribue des qualités de porte-bonheur, figure de la diversité avant la lettre, le femminiello napolitain n’a pas d’équivalent ailleurs qu’à Naples.

Travesti ? Trans ? Homosexuel ? Le femminiello se définit lui-même en ces termes : « J’ai toujours été une femme. ».

Difficile dès lors d’exprimer de façon définitive une identité sous cette appellation.

Le dictionnaire nous donne une première piste :

Femminiello (en napolitain ; vient de l’italien femmina « femme » et -ello le suffixe diminutif affectueux masculin) désigne, dans la tradition typiquement napolitaine, les personnes transgenres efféminées et les hommes exprimant nettement les caractères féminins.

Les femminielli napolitains jouent le rôle attribué traditionnellement aux femmes dans la cité parthénopéenne. Il est à noter que ce terme n’est pas péjoratif et ne porte pas à stigmatisation. Au contraire, les femminielli sont réputés être de bon conseil et ils sont, par exemple, les figures centrales de la cérémonie religieuse de la Chandeleur au Sanctuaire de Montevergine à Avellino ou du sacre de la Vierge Mater Matuta de Capua (région de Naples).

3- AXES DE TRAVAIL

– LA SOLITUDE

Les cinq roses de Jennifer raconte l’histoire de deux voisines napolitaines, Jennifer et Anna, qui suivent angoissées les informations, faisant état du nombre toujours croissant des victimes du tueur en série du quartier.

La pièce raconte aussi et surtout, la solitude de celui ou celle qui vit avec sa singularité et pour qui le discours dominant représente un écueil contre lequel il faut se battre au quotidien, dans les gestes les plus simples de la vie courante. Malgré l’espoir apparent et la feinte légèreté que Jennifer semble afficher jusqu’au bout, le texte transmet avec force, la condition du paria, le désespoir lancinant de celui ou celle qui doit se cacher de lui-même pour vivre et être accepté par autrui.

La transformation est un thème central de notre mise en scène. Jennifer n’en finit pas de se transformer, de se préparer, de se parer lors de son interminable attente de l’appel de Franco. Elle s’habille comme le ferait une actrice avant d’entrer en scène.

– LES PRÉSENCES FANTOMATIQUES

Un deuxième axe important de ce texte est celui des « présences fantomatiques » qui accompagnent Jennifer durant toute la fable.

D’abord par la figure de Franco. Personnage central, évoqué de bout en bout, toute la vie de Jennifer semble tourner autour de lui et de son possible appel à venir. Même la brève visite de la voisine Anna, lorsqu’elle sonne à la porte, nous laisse espérer l’espace d’un instant l’arrivée de Franco. À quoi ressemble-t-il ? Est-il autant charismatique que Jennifer semble le dire ? Pourquoi son silence depuis trois mois ? Quel est son secret ? 

Il en va de même de la figure du tueur en série à qui le poste de radio donne vie et égrène les méfaits durant toute la pièce. Existe-t-il vraiment ? Ou ne serait-ce pas la solitude, et les troubles qu’elle génère, qui font perdre la tête à Jennifer, la conduisant à imaginer ce tueur ?  

Ainsi, il plane durant toute la pièce une atmosphère de suspens, d’étrangeté et de je-ne-sais-quoi d’inquiétant malgré toute la légèreté et l’humour que Jennifer insuffle et partage avec ses interlocuteurs (téléphoniques, radiophoniques, Anna, Franco).

 – LA QUESTION DE L’IDENTITÉ DE GENRE

Le femminiello est culturellement accepté à Naples, toutefois une question se pose dans quelle mesure “acceptation culturelle” et “acceptation sociale” vont-elles de pair / s’affrontent-elles?

La brève description de sa vie de femme faite à sa voisine Anna, laisse entrevoir une ambiguïté sur la condition de Jennifer, entre affirmation et malaise. N’y a-t-il pas quelque chose d’autre qui empêche Jennifer d’assumer pleinement qui elle est ? L’éducation, la religion, la famille ? Il est essentiel de garder à l’esprit que la pièce a été écrite en 1980, en Italie, à 200 km du Vatican, à une époque où le combat pour les droits et l’acceptation de la communauté LGBTQIA était encore embryonnaire. La pièce fait écho aux questionnements de la société actuelle et pose la question de la transidentité.